Lancement du CELIB, un modèle de coopération au service du développement régional breton.
Dans la période post Seconde Guerre Mondiale, la Bretagne connaît une situation économique difficile, une agriculture encore traditionnelle, un retard en matière d’équipement, d’accès à l’eau courante et à l’électricité. A l’initiative du journaliste Joseph Martray (1914-2009), qui a le souhait de réhabiliter les idées régionalistes, des élus bretons et des décideurs économiques se regroupent pour réagir face à cette situation. Le 22 juillet 1950 à Quimper, ils créent la structure qui deviendra le Comité d’Etudes et Liaison des Intérêts Bretons, (CELIB).
Le CELIB est un lobby breton, qui rassemble élus bretons (sénateurs, députés, maires) de gauche – à l’exception des communistes – comme de droite, chefs d’entreprises, représentants syndicaux et paysans, universitaires, cadres d’organisations culturelles et des associations familiales. L’une des figures marquantes est René Pleven (1901-1993), premier président du CELIB : c’est un homme politique de premier plan, à la fois président du Conseil général des Côtes-du-Nord, député et, au moment de la création du CELIB, à la tête de gouvernement français.
Dans une vie politique française marquée par le multipartisme désordonné et l’instabilité ministérielle, un groupe de pression comme le CELIB a influencé efficacement sur les gouvernements successifs. Un des moments forts est sa présentation en 1953 d’un « plan breton », rédigé sous l’impulsion du géographe Michel Phlipponneau (1921-2008), qui met en avant les investissements utiles à la Bretagne. Il alimente le premier programme d’action régionale pour la Bretagne publié en juillet 1956, qui prévoit de développer les productions agricoles, réorienter les activités maritimes, développer le tourisme, relancer l’économie de la Bretagne centrale et des îles, susciter les industries nouvelles, comme l’usine marémotrice de la Rance.
Le retour au pouvoir du Général De Gaulle en 1958 marque le retour d’un fort centralisme jacobin qui complique l’action du CELIB. Malgré un regain d’activité à la fin des années 1960, le CELIB finit par se dissoudre en 1980.
Même si le bilan du CELIB est contrasté, avec le reproche de son élitisme social, il construit un modèle original de coopération au service du développement régional. Sa capacité à négocier avec l’État central prépare l’opinion publique à la décentralisation et contribue à redonner confiance aux Bretons.
Lancement du celib, un modèle de coopération au service du développement régional breton.
Depuis la Révolution, la France est divisée en départements et en communes. Il faut attendre juillet 1972 pour que l’échelon régional soit reconnu comme entité administrative. La Région Bretagne est ainsi créée, mais elle est amputée de la Loire-Atlantique.
D’emblée se pose la question des limites territoriales de cette région administrative :
Le Conseil Général de Loire Atlantique vote à la quasi-unanimité pour ”une région comprenant la région Bretagne et la région des Pays de Loire”.
En Ille-et-Vilaine on souhaite une Bretagne unifiée mais avec la Mayenne.
Seuls le Finistère et les Côtes d’Armor se prononcent pour une Bretagne à 5 départements.
Prenant acte de ces positions divergente, l’État opte pour deux régions.
La première assemblée régionale est composée des parlementaires et des représentants des départements et des villes principales. René Pleven, ancien président du Conseil, est élu président de la Région Bretagne à quatre départements, avec Rennes pour capitale. Olivier Guichard, député gaulliste de La Baule devient président de la région Pays de la Loire, avec pour capitale Nantes.
Cet établissement public régional est certes une étape importante dans la reconnaissance du fait régional mais, à l’époque, le pouvoir est détenu avant tout par le préfet de Région qui instruit les affaires et exécute les délibérations du Conseil.
Il faut attendre les lois de décentralisation de 1982 pour que la Région soit reconnue comme collectivité locale, et 1986 pour que les conseillers régionaux soient élus au suffrage universel. En comparaison des régions d’autres pays européens, les régions françaises détiennent néanmoins toujours des pouvoirs limités, notamment en raison de leurs très faibles budgets.
Quant à la question de la réunification, elle reste en suspens malgré une opinion favorable dans les cinq départements bretons et un activisme fort dans la société civile.
Depuis la révolution, la france est divisée en départements et en communes. il faut attendre…