Le temps des ducs
Une sacrée duchesse !
le cygne
La duchesse deux fois reine
La Bretagne est la proie des raids vikings depuis la mort en 907 du roi Alain 1er, dit le Grand. Son petit-fils Alain II, dit Barbetorte, comme beaucoup de nobles bretons, s’est réfugié en Angleterre. Il revient en Bretagne et débarrasse la ville de Nantes des Vikings en 937. Il devient le premier duc de Bretagne en 938.
Au Xe siècle, les Vikings reprennent leurs activités de pillage en Bretagne. Ils visent d’abord les abbayes, comme celle de Landévennec, qu’ils détruisent en 913, forçant les moines à fuir et se réfugier dans le nord de la France actuelle.
Mais les prédateurs scandinaves ne se contentent plus de ces opérations ponctuelles, ils cherchent désormais à s’installer durablement dans les places conquises. C’est ainsi que le chef viking Ragenold remonte la Loire en 919 et prend possession de la ville de Nantes. Il y crée une principauté et s’en proclame même roi ! Il y restera jusqu’à sa mort en 930.
Les nobles bretons, quant à eux, ont pour partie fui le pays et se sont réfugiés en Angleterre. Parmi eux, Alain II Barbetorte, fils du comte du Poher Mathuedoï et petit-fils du dernier roi de Bretagne Alain 1er, s’est exilé auprès de son parrain, le roi anglo-saxon Athelstan.
Alain décide de revenir en péninsule armoricaine et débarque près de Dol en 936. Il attaque la forteresse viking du camp de Péran, près de l’actuelle Saint-Brieuc. Puis il marche sur Nantes et en chasse les occupants scandinaves en août 937. Il parachève la reconquête deux ans plus tard, en 939, en écrasant les Normands à Trans, dans l’actuelle Ille-et-Vilaine.
Bien que descendant de roi, Alain Barbetorte ne peut reprendre ce titre et devient donc, en 938, le premier duc de Bretagne.
La bretagne est la proie des raids vikings depuis la mort en 907 du roi alain 1er, dit le grand…
Encore adolescent, Arthur Ier, duc de Bretagne, est assassiné par son oncle, le roi d’Angleterre Jean sans Terre, en avril 1203. Philippe Auguste en profitera pour marier la sœur d’Arthur à Pierre Mauclerc, et ainsi solidifier la vassalité du duché de Bretagne au royaume de France pour un siècle et demi.
Né en 1187, Arthur est le fils de Geoffroy Plantagenêt et de Constance de Rennes. Il a devant lui un avenir prometteur : non seulement il prendra la couronne du duché de Bretagne, mais son oncle Richard cœur de Lion, sans enfants, l’a aussi désigné en 1190 comme son successeur sur le trône d’Angleterre, au détriment de son propre frère Jean, dit sans Terre.
Le jeune Arthur est dès lors tiraillé entre sa mère en Bretagne, le roi de France qui le prend un temps sous son aile, et son oncle Richard qui en veut la garde en Angleterre. Chacun voit en effet son avantage politique à se charger du jeune héritier.
Puis Richard meurt prématurément en 1199, lors du siège de Chalus en Limousin, alors qu’Arthur n’a que 12 ans. Jean sans Terre se fait immédiatement couronner duc de Normandie et roi d’Angleterre.
Quant à Arthur, il devient duc de Bretagne à part entière à la mort de sa mère Constance en 1201. Il se lance alors dans un conflit ouvert avec son oncle, tous deux revendiquant le trône d’Angleterre : Jean sans Terre a le soutien de sa mère Aliénor d’Aquitaine, alors qu’Arthur est appuyé par le roi de France Philippe Auguste.
La lutte prend fin quand Arthur est capturé et enfermé à Rouen où il est assassiné et jeté dans la Seine par Jean sans Terre. Le duché de Bretagne sera dès lors assujetti au royaume de France jusqu’à la guerre de succession.
Encore adolescent, arthur ier, duc de bretagne, est assassiné par son oncle, le roi d’angleterre…
Nous sommes en plein cœur de la guerre de succession de Bretagne, qui oppose les partisans de Jeanne de Penthièvre, alliée aux Français, et les partisans de Jean de Monfort, allié aux Anglais. Le Combat des Trente en est l’un des épisodes les plus célèbres, même s’il n’a eu que peu d’impact sur l’issue du conflit.
La guerre de succession de Bretagne dure depuis déjà 10 ans. Jeanne de Penthièvre est soutenue par les Français car elle est l’épouse de Charles de Blois, neveu du roi Philippe VI. Jean de Montfort a quant à lui fait alliance avec Edouard III d’Angleterre. Les troupes se sont déjà affrontées à diverses reprises et on ne compte plus les morts de chaque côté.
En mars 1351, les soutiens de Charles de Blois veulent ravir le château de Ploërmel à leurs ennemis. Jean de Beaumanoir, maréchal de Bretagne, propose alors au capitaine anglais Robert Bemborough, qui occupe le pays pour Jean de Monfort, que les deux parties s’affrontent dans un tournoi. Le nombre de combattants est fixé à 30 de chaque côté.
Et c’est ainsi que, le 26 mars, près du chêne de la lande de Mi-Voie, en Guillac, à l’ouest de Ploërmel, se tient une mêlée où les hommes s’affrontent sans pitié. La victoire revient aux Bretons de Beaumanoir, mais le nombre de morts est élevé : entre 15 et 26 du côté de Montfort, et entre 5 et 9 du côté de Blois.
Ce combat, érigé en summum du combat chevaleresque par le XIXe siècle romantique, ne règle rien en réalité. Les affrontements se poursuivent à coups de batailles, de sièges et de guérilla. Il faudra attendre encore 13 ans pour que le confit soit définitivement clos, avec la bataille d’Auray en 1364, qui verra cette fois la victoire des Montfort.
Nous sommes en plein cœur de la guerre de succession de bretagne, qui oppose les partisans de…
La bataille d’Auray met fin à la guerre de Succession de Bretagne qui opposait les Montfort et les Penthièvre. Victorieuse, la dynastie Montfort assoit l’indépendance de l’État breton. S’ensuit un siècle d’apogée de la puissance ducale, qui profite de la rivalité entre les royaumes de France et d’Angleterre.
L’affaire démarre en 1341, à la mort du duc Jean III. Aucun successeur n’étant désigné, deux candidats se disputent la couronne ducale :
Les deux partis prennent les armes et entraînent la Bretagne dans une véritable guerre civile, de 1341 à 1364 : sièges de villes, occupations sporadiques de troupes françaises ou anglaises, massacres, trahisons... Les deux prétendants sont tour à tour faits prisonniers puis libérés. Trêves et tentatives de règlements se succèdent. En 1363 on prévoit même de couper le duché en deux !
Le combat des Trente en 1351 voit des chevaliers de chaque camp s’affronter pour l’honneur. Mais c’est finalement à Auray que se conclut le conflit, en septembre 1364 : Charles de Blois perd la bataille et la vie, malgré le soutien de Duguesclin, et c’est donc Jean de Montfort qui est reconnu duc sous le nom de Jean IV.
La question de la succession est par ailleurs résolue durablement en 1365 par le traité de Guérande, qui acte un compromis :
La bataille d’auray met fin à la guerre de succession de bretagne qui opposait les montfort et les…
C’est en 1464 qu’est rédigé le premier dictionnaire trilingue breton, français et latin, connu sous le nom de Catholicon. L’ouvrage, qui comporte plusieurs milliers d’entrées, marque un tournant dans la connaissance de la langue bretonne du XVe siècle.
Le Catholicon (« Universel » en grec) est l’œuvre de Jehan Lagadeuc, un prêtre né à Plougouven, près de Morlaix. Si la rédaction manuscrite remonte à 1464, la première impression accessible date quant à elle de 1499. Elle est réalisée à Tréguier par Jean Calvez. D’autres impressions suivront, vers 1500 et en 1521, désormais à Paris.
Chaque article du Catholicon suit la même construction : l’entrée se fait par le mot breton, suivi du mot français, puis du mot latin. Par exemple, à l’entrée « dour », le mot se décline ainsi : « Dour, eaue, aqua ». Peuvent ensuite s’ajouter les verbes et adjectifs qui en dérivent, puis les expressions qui ont un rapport plus ou moins direct avec le mot initial.
Cette construction indique que le public visé était brittophone et que cet ouvrage devait lui apporter des connaissances lexicographiques en français et en latin. Comme indiqué dans les premiers mots du titre, l’ouvrage était à l’usage des nouveaux clercs bretons.
Le contenu du Catholicon constituera d’ailleurs une source pour des lexiques bretons et français-bretons postérieurs, comme ceux de Grégoire de Rostrenen en 1732, ou de Théodore Hersart de La Villemarqué en 1847.
L’intérêt du Catholicon vaut également du point de vue de langue française : il apporte en effet des informations précieuses sur le français connu en Bretagne à la fin du XVe siècle ; il a aussi servi de source pour Frédéric Godefroy dans son Dictionnaire de l’ancienne langue française du IXe au XVe siècle, paru entre 1880 et 1902.
C’est en 1464 qu’est rédigé le premier dictionnaire trilingue breton, français et latin, connu sous…
L’année 1488 est assurément une date clef dans l’histoire de la Bretagne. D’abord, la défaite des troupes bretonnes face à l’armée du roi de France à Saint-Aubin du Cormier sonne le glas de l’indépendance. Puis le duc François II meurt et c’est sa fille de 11 ans qui lui succède, pour devenir la fameuse Anne de Bretagne.
L’avènement du roi Louis XI, en 1461, marque le début d’une période de tensions entre la France et la Bretagne, qui durera plusieurs décennies. Le duc François II essaie en effet de renforcer l’indépendance du duché face au pouvoir royal, mais Louis XI, puis Charles VIII s’y opposent.
Le 28 juillet 1488, les armées françaises et bretonnes s’affrontent à Saint-Aubin-du-Cormier, entre Rennes et Fougères. L’armée du roi, forte d’environ 15 000 hommes, fait face à une armée bretonne de 12 000 combattants. Grâce à sa cohésion, sa discipline et l’unité de son commandement, l’armée française écrase son adversaire au cours d’une bataille brève mais violente et sanglante.
Le 19 août est signé le Traité de Verger. Charles VIII accorde la paix à la Bretagne, ne réclame aucun territoire et promet de retirer son armée du duché. Mais François II doit s’engager à lui livrer ses alliés, à rendre hommage au souverain français, et surtout à ne pas marier ses filles - Anne et Isabeau – sans le consentement du roi. Ce traité préfigure l’annexion en bonne et due forme de la Bretagne par la France.
Quelques semaines plus tard, le 9 septembre 1488, François II meurt. Sa fille Anne, alors âgée de 11 ans, lui succède et devient duchesse de Bretagne. Débute alors la carrière politique de cette femme remarquable, qui sera successivement mariée à un empereur (Maximilien d’Autriche) et à deux rois de France (Charles VIII et Louis XII).
L’année 1488 est assurément une date clef dans l’histoire de la bretagne. d’abord, la défaite des…
Trois Édits et une Union.
13 août 1532, Nantes. François Ier, roi de France, gérant du duché de Bretagne pour son fils, peut savourer son triomphe. Il vient d’apposer sa signature à un édit qui unit perpétuellement la Bretagne à la France. Certes, la Bretagne conserve son duc, qui sera couronné à Rennes, certes, celle-ci conserve ses droits, libertés et privilèges, mais l’administration du duché revient au roi et il devient impossible de le séparer du royaume par un accident de l’histoire.
C’est l’aboutissement d’un projet français depuis le XIIIe siècle qui s’est accéléré brutalement après 1488 et semble inéluctable après 1514 de Claude de France avec François Ier. L’union ne se fait pourtant pas sans résistance. Les députés des États de Bretagne, qui la demandent officiellement, sont soudoyés et menacés par les agents du roi. Malgré ces précautions, la séance du 4 août qui officialise la demande par un premier édit est tellement houleuse que le roi quitte Vannes. Qu’importe, la demande est faîte, François Ier peut annuler le traité de 1499 et faire, avec un troisième édit, une province de la Bretagne.
Trois édits et une union.