Fondée vers la fin du Ve siècle, l’abbaye de Saint-Guénolé, à Landévennec, est le premier établissement monastique dont l’existence est attestée en Bretagne. Elle est aussi l’une des traces les plus anciennes de l’installation des Bretons venus d’outre-Manche en Armorique aux Ve et VIe siècle.
Nous sommes à la fin du Ve siècle, au cœur de la période de migration des Bretons de l’actuelle Grande-Bretagne vers l’Armorique. Souvent menés par des hommes qui seront plus tard qualifiés de « saints bretons », ces migrants marquent durablement leur nouveau territoire à travers, par exemple, les noms de lieux. Ils apportent aussi leur langue, ancêtre de la langue bretonne encore parlée aujourd’hui sur la péninsule.
Sur cette période on sait en réalité peu de choses car les sources sont peu nombreuses et pas toujours très fiables. Quelques textes postérieurs, du IXe siècle, nous renseignent cependant sur la vie de saint Guénolé, fondateur de l’abbaye de Landévennec. Né en Armorique de parents venus de l’actuel Pays de Galles, il aurait été éduqué au sein d’une communauté menée par un moine gallois, Budoc, sur l’île Lavret près de Bréhat. Puis il serait parti avec 11 autres moines pour fonder son propre monastère.
Après un séjour sur l’îlot de Tibidy, en rade de Brest, la communauté aurait cherché un lieu plus propice. Guidé par un ange, selon la légende, Guénolé aurait finalement jeté son dévolu sur un promontoire de l’estuaire de l’Aulne, près du site d’une ancienne villa gallo-romaine. C’est là que l’abbaye de Landévennec s’établira pour de longs siècles, puisqu’une communauté monastique y demeure toujours.
L’abbaye, qui a adopté la règle de saint Benoît au début du IXe siècle, devient au Moyen Âge un centre culturel important, où les moines écrivent et copient une quantité impressionnante de manuscrits remarquables, aujourd’hui dispersés à travers le monde.
Fondée vers la fin du ve siècle, l’abbaye de saint-guénolé, à landévennec, est le premier…