Le site préhistorique de Menez Dregan, sur le territoire du cap Sizun, dans le sud-Finistère, est un site majeur, non seulement en Bretagne, mais même à l’échelle mondiale. C’est en effet l’un des plus anciens foyers au monde, qui montre qu’ici on maîtrisait déjà le feu il y a bien longtemps.
Nous sommes en 1985 : des chercheurs découvrent à Menez Dregan, sur la commune de Plouhinec, une grotte contenant des traces d’occupation humaine ancienne. Les campagnes de fouilles démarrent en 1991, et livrent progressivement des merveilles : fragments de charbon, silex rougis, outils taillés à partir de galets, ossements, sans oublier… une dent d’éléphant ! Au total, ce sont plus de 100 000 pièces qui sont mises au jour.
La découverte est d’importance, puisque ce foyer ancien remonte aux alentours de 465 000 ans avant notre ère, à une époque où les occupants du lieu étaient des homo heildenbergensis, soit en quelque sorte un oncle ou un grand-oncle pour notre espèce, homo sapiens.
Mais que pouvaient donc déguster ainsi ces lointains ancêtres, qui vivaient dans un environnement bien différent de celui que nous connaissons aujourd’hui ? Pas de palourdes au menu de ce barbecue, mais plutôt des éléphants et autres grands mammifères (il serait même question de rhinocéros laineux !), chassés sur ce qui était alors une plaine mais est aujourd’hui recouvert par la mer.
On note enfin que le site n’a pas cessé d’être occupé avec la disparition des éléphants ! On trouve en effet à proximité une nécropole et une allée couverte, qui montrent une occupation allant du Paléolithique jusqu’au Néolithique, vers 5000 avant notre ère.
Le site préhistorique de menez dregan, sur le territoire du cap sizun, dans le sud-finistère, est…
C’est en Bretagne, à Barnenez, sur la côte nord du Finistère, que se trouve l’une des plus anciennes constructions connues au monde. Il s’agit d’un grand cairn, c’est-à-dire une construction en pierres sèches recouvrant des chambres funéraires. Édifié vers 4700 avant notre ère, il précède de 2000 ans la plus ancienne pyramide d’Égypte !
Situé à Plouezoc’h, sur un promontoire dominant la baie de Morlaix, ce monument a connu une histoire rocambolesque depuis le milieu du siècle dernier : en 1954-1955 un entrepreneur de travaux publics éventre en effet les chambres du cairn pour s’en servir comme carrière de pierres ! Alerté, l’archéologue Pierre-Roland Giot fait arrêter le saccage et entreprend des campagnes de fouilles de sauvetage qui durent jusqu’en 1968. Le mausolée est ainsi consolidé et sauvé.
L’édifice, composé de deux cairns, s’étend aujourd’hui sur près de 75 mètres de long et compte 11 dolmen (des couloirs de grandes dalles de pierre), qui conduisent à autant de chambres funéraires. L’ensemble constitue donc une sorte de pyramide destinée à accueillir des défunts dont on suppose qu’ils étaient de haut rang. Mais les chercheurs estiment généralement que son rôle allait au-delà de cette fonction.
Ce qu’on sait de cette période du Néolithique, c’est qu’elle connait de profonds bouleversements puisque les humains commencent à cultiver la terre et à domestiquer des animaux. En deux mots, ils se sédentarisent, et ils veulent peut-être aussi marquer leur présence de manière durable.
Mais ils sont encore peu nombreux, et la construction d’un tel monument est une entreprise dantesque. Elle ne peut être que le résultat d’une mise en commun des ressources, décidée par une autorité puissante, dont nous ne savons, en réalité, rien ! Ce « Parthénon mégalithique », comme l’appelait Malraux, recèle donc encore son lot de mystères…
C’est en bretagne, à barnenez, sur la côte nord du finistère, que se trouve l’une des plus…
La concentration de mégalithes le long de la côte sud du Morbihan fait de cette région un haut-lieu de la préhistoire européenne. Avec près de 3000 pierres levées, s’étendant sur 40 hectares, les alignements de Carnac en sont assurément le point d’orgue. Et ils forment l’un des sites les plus emblématiques du Néolithique.
Les menhirs de Carnac se répartissent en trois grands ensembles, situés en divers points de la commune : les alignements du Ménec, de Kermario et de Kerlescan. Le site du Ménec compte le plus grand nombre de pierres, mais le site la plus connu et le plus fréquenté est celui de Kermario, où les menhirs sont de plus grande taille.
La date précise à laquelle ces mégalithes ont été érigés n’est pas encore totalement assurée. La datation au radiocarbone a permis néanmoins de circonscrire la période, entre 4500 et 2500 avant notre ère. C’est-à-dire que ces pierres ont été plantées et dressées vers le ciel pendant presque 2000 ans ! Il y a donc eu plusieurs phases d’aménagement et les alignements ne peuvent être envisagés comme une construction unique et homogène.
Pourquoi ces menhirs ont-ils été ainsi érigés et disposés ? Depuis le XVIIIe siècle, différentes interprétations ont été avancées. Certaines sont plausibles (lieux de culte, sites funéraires, sites sacrés, lieux marqueurs de pouvoir, etc.), mais d’autres sont des plus farfelues (résidences druidiques, camp de soldats de César, voire… guide pour les extra-terrestres !).
Le peu que l’on sait tient en fait à l’observation : Les menhirs sont en règle générale disposés en files, et ils vont en ordre de taille croissante vers l’ouest. Les alignements sont par ailleurs orientés selon les levers d’équinoxe ou du solstice. Pour le reste, le mystère demeure en réalité presque entier, d’autant plus que ce qui reste aujourd’hui n’est qu’une petite partie de ce qui existait au Néolithique.
La concentration de mégalithes le long de la côte sud du morbihan fait de cette région un haut-lieu…