La révolte des Bonnets rouges, ou révolte du papier timbré, a laissé une forte trace dans l’histoire de la Bretagne. L’insurrection contre les nouveaux impôts destinés à financer les guerres de Louis XIV se termine mal pour les rebelles, qui finissent au bout d’une corde, après une intense répression par les dragons du roi.
Le roi Louis XIV aura passé une bonne partie de son règne (1643-1715) à faire la guerre à ses voisins européens. Cette politique agressive nécessite des fonds, beaucoup de fonds. Colbert est chargé de collecter les financements requis, et cela passe par de nouveaux impôts dans tout le royaume, y compris en Bretagne. Mais celle-ci jouit d’un statut particulier en matière fiscale que ses habitants entendent bien défendre.
Des incidents et des émeutes contre le « papier timbré » éclatent donc à partir d’avril 1675, d’abord dans les villes. Puis la révolte s’étend aux campagnes notamment en Basse-Bretagne où, partout, on s’attaque aux nobles et à leurs châteaux. Sébastien Le Balp, notaire à Carhaix, émerge comme meneur dans le Poher, en centre-Bretagne, où les insurgés se coiffent d’un bonnet rouge.
Autre fait notoire, les paysans s’organisent et font rédiger, par ceux qui savent écrire, des textes où ils exposent leurs critiques vis-à-vis de l’impôt, mais aussi de la justice et des droits seigneuriaux. Un siècle avant la Révolution française, ces documents préfigurent les cahiers de doléances de 1789. On les appelle les « Codes paysans ».
Mais Sébastien Le Balp est tué le 2 septembre et les rebelles se retrouvent désorganisés face aux troupes royales qui se lancent dans une répression féroce, dans les villes comme dans les campagnes : on ne compte plus les arrestations, les violences et les viols. Et surtout, les meneurs sont capturés et aussitôt pendus publiquement, pour l’exemple.
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Inscrit dans la tradition bretonne, la gwerz Marv Pontkalleg « Mort du marquis de Pontcallec », est un chant qui se transmet depuis des siècles. Recueilli dans le Barzaz Breiz, ce classique a été chanté par les plus grands : Allan Stivell, Gilles Servat, Tri Yann… Mais qui était ce marquis ?
A la mort de Louis XIV (1715), l'État est ruiné par les guerres successives, la dette est faramineuse. Sous la Régence de Philippe d’Orléans (1715-1723), la pression fiscale s’alourdit. Ces difficultés économiques entraînent une violente critique de la noblesse bretonne contre la monarchie et le poids des impôts. Plusieurs centaines de nobles ruraux rédigent en 1718 un « Acte d’Union » au nom des « libertés bretonnes » et proclament « les droits et les privilèges de la province de Bretagne et les prérogatives de la noblesse ». Parmi ces nobles, le marquis de Pontcallec.
Le marquis, avec une poignée d’hommes, organise une conspiration chimérique. L’objectif est de renverser le régent avec leurs prétendus alliés espagnols, en livrant les ports bretons, puis en marchant en armes en France. Mais cette conspiration relève du fantasme, au point que le principal ministre du roi d’Espagne, Alberoni, qualifie les conjurés de « Don Quichotte » des landes et des bocages. Néanmoins, l’État royal prend se complot très au sérieux. Il incrimine le marquis sous l’accusation de lèse-majesté, l’incrimination la plus grave dans l’échelle des délits. Après un procès d’exception, le marquis a la tête tranchée le 27 mars 1720 à Nantes, avec trois de ses compagnons.
Après cette mise à mort, le marquis de Pontcallec connaît une seconde vie. Le travail de mémoire le transforme en héros, dont les complaintes bretonnes véhiculent les prouesses et proclament une vérité transformée de la résistance de ce « jeune » marquis breton contre l’état français.
Inscrit dans la tradition bretonne, la gwerz marv pontkalleg « mort du marquis de pontcallec », est…